¬ Entretien par Françoise HARDY

Extrait d’ASTROLOGIQUE n°11 et de FLORILEGE (COMAC 2008), cet entretien s’adresse aux étudiants en conditionalisme qui n’ont pas connaissance des origines du zodiaque noologique (initialement réflexologique), de la Théorie des âges et du modèle RET. Pour former le LOGOSCOPE, le SORI est venu après, dans un article d’ASTROLOGIQUE hors-série, réédité dans FLORILEGE (Astrologie et Esotérisme, hiver 1977-1978).


Françoise HARDY ne s’est pas bornée à poser des questions, elle en a vérifié les réponses pour défendre une astrologie moderne enracinée dans la pensée des premiers astrologues-astronomes. Par ses livres – dont le très pédagogique Rythmes du Zodiaque (Ed. du Cherche-Midi, Paris 2003) -, ses collaborations aux publications conditionalistes, ses entretiens médiatisés, la force, le courage de son témoignage ont imposé un peu plus de respect et de réserve à nos adversaires, externes ou internes. Merci pour son engagement au-dessus des censures et des définitions poussiéreuses (pas sérieuses !).

 


N°11 – été 1977

 

 

 

 


ENTRETIEN
          avec Jean-Pierre Nicola
par Françoise HARDY

 

 

 

F.H. – Les éditions du Seuil viennent de publier ton livre Pour une astrologie moderne qui fait le bilan de l’as­trologie conditionnelle, peux-tu expliquer ce terme de « conditionnel » ?


J.P.N. – L’horoscope n’est pas la représen­tation de déterminismes absolus, il faut l’interpréter au conditionnel, « à la condi­tion que… », c’est-à-dire en situant le Sujet dans son époque, son milieu, son contexte… en considérant tout ce qu’il porte comme possibilités extra-astrologiques : son intel­ligence, son niveau spirituel notamment. Tout astrologue sérieux, me disait un cor­respondant, fait de l’astrologie condition­nelle. C’est vrai, alors pourquoi ne pas le dire ?


F.H. – Pour arriver à l’astrologie condition­nelle, quelle a été ton évolution ?


J.P.N. – Vers l’âge de 20 ans, j’ai fréquenté le milieu astrologique parisien. Je n’ai eu affaire qu’à des symbolistes. Ça a été une grande déception pour moi, de voir que, s’ils avaient trouvé le plan de l’astrologie psychologique, les fondements étaient très vaporeux, très inconsistants. En fait, le mi­lieu symboliste rejetait l’ « astronomique » ou n’en parlait pas. Je trouvais anormal qu’on ne puisse parler des planètes, qui sont des corps matériels importants, que comme des symboles : il y a là une hétérogénéité qui me parait insoutenable.


La première idée que j’ai eue a été de fon­der le zodiaque sur quelque chose de natu­rel, et c’est parti d’une représentation géo­métrique simple : représenter les saisons par le jour et la nuit, en tenant compte de leur croissance et décroissance. Au fond, j’ai trouvé le zodiaque photo-périodique avant de le définir.


Puis, ayant appris que Pavlov avait propo­sé 24 types, j’ai compris qu’on pouvait pas­ser de sa typologie à la typologie zodiacale, en prenant le jour comme excitant positif, et la nuit comme excitant négatif : à partir de là, je n’avais plus qu’à faire le travail de décryptage, puis de formulation du zodiaque. Il y a identité entre les interprétations psychologiques des mécanismes fondamen­taux et les interprétations zodiacales.


Le zodiaque réflexologique était insuffi­sant, il n’incluait pas les planètes et leurs Aspects. J’avais remarqué que les astrologues étaient d’accord sur le symbolisme de la Lune (vie végétative, dépendance, mère, enfant…), je me l’expliquais parce que c’est le premier cycle, le cycle le plus court, ce­lui de 28 jours, et j’ai eu l’idée de passer aux autres planètes en tenant compte des cycles astronomiques : c’est ainsi qu’est née la Théorie des âges. A partir de là, j’ai voulu voir si cela donnait quelque chose d’homogè­ne au niveau planétaire, et j’ai commencé mes recherches sur la distribution des planè­tes dans le système solaire. C’est la Théorie des âges qui m’a amené à chercher des struc­tures dans les distances planétaires, d’où j’ai déduit le R.E.T. (Représentation-Existence-Transcendance). Le terme d’astrologie conditionnelle s’est dégagé peu à peu. Il est implicite dans l’œuvre de Ptolémée et de Jean Kepler.


F.H. – As-tu connaissance de démarches, de découvertes comparables aux tiennes à l’étranger ?


J.P.N. – Je suis un peu au courant de ce qui se passe en Angleterre, en Allemagne et aux U.S.A. Malheureusement ils ne sor­tent pas de l’horoscope. Je dis qu’il faut faire des statistiques, des recherches, en sor­tant de l’horoscope, en sortant l’astrologie d’elle-même. Il serait intéressant par exem­ple, d’interpréter statistiquement les inter­férences entre le conditionnement astrologique (les dominantes de Signes et planètes natales) et les données biologiques, sociales, familiales du Sujet. On aura alors des résul­tats vraiment significatifs.


F.H. – Ton dernier livre est-il surtout un ouvrage de mise au point ?


J.P.N. – C’est un bilan, que j’ai déjà dépas­sé (il y a des données qui n’y sont pas) ; c’est la mise en ordre de tout ce que j’ai pu faire jusqu’à présent, tant au niveau des polémiques, de la situation de l’astrologie par rapport à l’anti-astrologie, que de la doctrine elle-même, et de la doctrine de la consultation.